Le Développement Professionnel Continu (DPC) s’est imposé depuis la loi HPST de 2009 (loi n°2009-879) comme une obligation légale pour l’ensemble des professionnels de santé, y compris les chirurgiens-dentistes. Depuis le 1er janvier 2013, chaque dentiste doit pouvoir justifier, sur une période triennale, de la réalisation d’un parcours DPC : actions de formation, analyse des pratiques et plus récemment, des programmes intégrant amélioration de la qualité et sécurité des soins.
Mais que se passe-t-il si cet engagement n’est pas respecté ? Quels risques, quelles sanctions – et dans la pratique, comment sont-elles appliquées ?
Avant d’examiner les conséquences pratiques, il faut revenir aux textes fondateurs :
Au plan légal, le non-respect du DPC constitue donc à la fois un manquement à une obligation légale et à la déontologie professionnelle.
Tous les trois ans, chaque chirurgien-dentiste doit pouvoir justifier la réalisation de son DPC. Voici comment la procédure fonctionne aujourd’hui :
Si le professionnel présente une situation médicale ou personnelle grave, ou un départ temporaire de la profession, les Ordres peuvent accorder des aménagements (source : ONCD, 2022).
Le manquement à l’obligation DPC constitue une infraction déontologique, susceptible d’engendrer une procédure disciplinaire devant la chambre disciplinaire de l’ONCD :
Un exemple tiré des rapports disciplinaires : entre 2020 et 2022, moins de 0,5 % des dentistes contrôlés ont fait l’objet d’une procédure allant jusqu’à la sanction formelle, le plus souvent en raison d’une régularisation rapide à réception de la relance.
Sur le plan des conventions avec l’Assurance Maladie, et contrairement aux médecins généralistes, il n’existe pas (à ce jour) de dispositif de sanction financière directe liée au DPC pour les chirurgiens-dentistes. Toutefois, le débat existe pour étendre la logique de la « ROS P » (rémunération sur objectifs de santé publique) à d’autres professions, y compris dentaire.
Se voir notifier un manquement au DPC porte atteinte à l’image vis-à-vis des pairs, dans un contexte où la mise à jour des connaissances techniques reste essentielle et vérifiable par l’Ordre :
Dans la majorité des cas, le manquement résulte d’un oubli ou d’un défaut d’inscription. Voici quelques exemples anonymisés et authentiques, sachant que ces situations sont fréquentes :
Dans tous les cas, une régularisation rapide (inscription et suivi d'une action DPC) suffit le plus souvent à éviter toute sanction durable.
Certains chirurgiens-dentistes s’interrogent : “Suis-je concerné si je ne pratique plus, si je débute, ou si je ne fais que des remplacements ?” L’obligation DPC s’applique :
Un point souvent négligé concerne l’impact du DPC sur la couverture d’assurance responsabilité civile professionnelle (RCP) :
Quelques bonnes pratiques, pour rester à jour et limiter tout risque de sanction ou de désagrément :
À ce jour, le “risque” direct en cas de manquement à l’obligation DPC est réel mais tendre vers la sanction disciplinaire reste rare, tant que le praticien adopte une attitude proactive et coopérative en cas de contrôle. Au-delà de la contrainte réglementaire, le DPC est aussi :
L’essentiel ? S’informer, anticiper et voir le DPC non comme une formalité administrative, mais comme un outil au service de la qualité des soins. La responsabilisation de chaque praticien demeure la clé pour éviter tout désagrément, et faire du DPC un atout au cœur de la pratique dentaire moderne.