Pourquoi les ARS vérifient-elles le respect du DPC ?

Le DPC, tel qu’encadré depuis la loi HPST (Hôpital, Patients, Santé, Territoires) de 2009 puis renforcé par la loi du 26 janvier 2016 de modernisation du système de santé, vise à garantir un haut niveau de compétences et de qualité des soins pour toute la population. Les ARS, en tant qu’autorités déconcentrées de l’État dans les régions (Décret du 5 mai 2010), sont chargées de mettre en œuvre la politique de santé publique, dont la surveillance du DPC fait partie intégrante.

La régularité et l’effectivité du DPC sont ainsi contrôlées pour :

Les textes de référence : ce que dit la réglementation

Le principal texte encadrant le DPC et sa surveillance est l’article L.4021-1 du Code de la santé publique, qui stipule : « Tout professionnel de santé doit justifier de son engagement dans une démarche de DPC au cours de chaque période triennale. » L’article R.4021-8 précise que « le contrôle du respect de l’obligation de DPC est assuré par les instances ordinales et par les ARS, chacun dans leurs champs de compétences respectifs ».

L’obligation s’applique à tous les professionnels relevant du Code de la santé publique exerçant à titre libéral, salarié ou mixte, ainsi qu’aux remplaçants depuis 2016.

Quels sont les professionnels réellement contrôlés ?

En théorie, tous les professionnels sont concernés. En pratique, la stratégie des ARS privilégie des contrôles par échantillonnage, survenus à différentes étapes-clés :

En 2022, près de 2% des professionnels de santé libéraux avaient fait l’objet d’une vérification aléatoire en France selon l’Agence nationale du DPC (ANDPC, Bilan annuel 2022).

Comment se déroule concrètement une vérification de l’ARS ?

Le contrôle administratif du respect du DPC par une ARS s’organise en plusieurs étapes bien coordonnées :

  1. L’ARS sélectionne, seule ou avec l’appui de l’ANDPC ou de l’Ordre, une liste de professionnels à contrôler.
  2. Un courrier officiel (lettre recommandée ou mail sécurisé) est adressé au professionnel concerné, l’invitant à prouver le respect de son obligation de DPC pour la période triennale écoulée (exemple : 2020-2022 pour la dernière période close).
  3. Le professionnel doit alors fournir une attestation de DPC pour chaque année concernée ou une attestation triennale générée sur le portail www.mondpc.fr (voir source Agence DPC).
  4. L’ARS analyse le dossier :
    • Complétude : attestation(s) conforme(s), document officiel du DPC (et non simplement de formation continue).
    • Cohérence : adéquation entre formation suivie et exigences réglementaires du DPC.
    • Périodicité : respect de la règle « au moins une action DPC par période triennale ».
  5. L’ARS statue : conformité ou non-conformité. Si besoin, transmission à l’Ordre ou ouverture d’une procédure formelle (sanctions).

Quels documents fournir ?

À noter : une simple feuille d’émargement ou une attestation de présence à une formation hors DPC n’est plus suffisante.

Quelles sanctions en cas de non-respect du DPC ?

Le manquement à l’obligation de DPC n’est pas bénin : il expose à des conséquences croissantes en fonction du statut professionnel :

En 2021, moins de 0,3 % des professionnels contrôlés avaient été sanctionnés, la majorité respectant in fine leur obligation après relance (source : rapport ANDPC 2022).

Le rôle complémentaire des Ordres professionnels et de l’ANDPC

Les Ordres (médecins, pharmaciens, infirmiers, chirurgiens-dentistes…) jouent un rôle clé. Ils sont systématiquement destinataires des résultats des contrôles ARS et peuvent déclencher des procédures disciplinaires indépendamment. De plus, l’ANDPC met à disposition la liste officielle des actions DPC validées et fournit un point d’entrée unique grâce au portail MonDPC. De nombreuses ARS travaillent désormais en interconnexion directe avec MonDPC, ce qui accélère la vérification des attestations et limite les fraudes (source : ANDPC).

Le DPC au quotidien : conseils pratiques pour anticiper un contrôle

Voici quelques conseils essentiels pour se préparer sereinement à un contrôle ARS :

Une attitude proactive évite 99 % des difficultés lors d’un contrôle.

Zoom sur quelques chiffres-clés et retours d’expérience

AnnéeNombre de professionnels contrôlés*Taux d’anomalieTaux de sanction
201912 0004,5 %0,6 %
202118 5002,8 %0,3 %
202221 1002,2 %<0,3 %

* Toutes professions confondues (libéraux et salariés, source : ANDPC, Bilans annuels 2019-2022)

Les anomalies portaient majoritairement sur l’absence d’attestation conforme, des formations non reconnues DPC ou le non-respect du rythme triennal.

Un retour d’expérience marquant : une ARS d’Ile-de-France a, en 2022, contrôlé de façon ciblée les participants à certains programmes jugés à risque de fraude documentaire, obligeant certains professionnels à rembourser les crédits perçus à tort (plus de 80 000 € réclamés, source : DREES, “Contrôle du DPC, focus régional”, 2023).

Ce qu’il faut retenir et anticiper

L’anticipation et la transparence demeurent les meilleurs alliés pour traverser sereinement un contrôle DPC. Les ARS jouent leur rôle de garante de la qualité des soins : comprendre leurs méthodes, c’est mieux s’y préparer et prendre pleinement part à la dynamique du DPC au service des patients.