Depuis 2013, chaque professionnel de santé doit se former régulièrement et justifier de son engagement dans une démarche de Développement Professionnel Continu (DPC). Il ne s’agit plus d’une simple recommandation, mais d’une obligation légale encadrée par le Code de la santé publique (notamment les articles L4021-1 à L4021-8 et R4012-1 et suivants).
La finalité ? Assurer une mise à jour continue des connaissances et compétences pour garantir la qualité, la sécurité et la pertinence des soins délivrés aux patients. Depuis la réforme de 2016, le DPC est devenu un devoir triennal, vérifiable par les instances compétentes. En 2023, près d’1,7 million de professionnels de santé étaient concernés (Agence nationale du DPC).
Le contrôle de l’obligation DPC ne relève pas d’un organisme unique. Plusieurs acteurs interviennent selon votre profession et votre mode d’exercice :
Depuis 2021, chaque professionnel doit attester de son engagement DPC via le portail de l’Agence Nationale du DPC (ANDPC) ou, pour les professions non concernées par un ordre, auprès du service de santé au travail ou de leur employeur.
Le contrôle peut intervenir à différents moments :
Par exemple, en 2022, le Conseil national de l’Ordre des médecins annonce avoir contrôlé plus de 23 000 dossiers de formation sur 3 ans (CNOM) ; les contrôles se sont accentués depuis 2020, en lien avec la mise en œuvre de la nouvelle procédure de certification périodique.
Un contrôle DPC suit un formalisme précis. Voici le déroulement typique :
Voici les preuves à réunir pour un contrôle réussi :
À noter : une simple feuille d’émargement ou une inscription seule à une formation ne suffit pas (source : ANDPC FAQ).
La réglementation impose que chaque professionnel valide un parcours DPC triennal, comprenant :
Des grilles de références et des exemples de parcours validants sont publiés par chaque ordre (Ordre des pharmaciens, Ordre des chirurgiens-dentistes).
En 2022, les Conseils ordinaux ont relevé entre 6 % et 15 % de dossiers non conformes selon les professions, la cause principale étant l’absence d’actions d’analyse des pratiques ou une simple accumulation de présentations congrès sans validation officielle (Source : Ordres professionnels – CNOMK et CNOI). Le nombre de contrôles est en hausse, tout comme l’accompagnement proposé pour éviter des sanctions lourdes.
Bien que la volonté des instances soit d’accompagner les professionnels vers la régularisation, l’absence de justification peut mener à :
À ce jour, très peu de sanctions lourdes ont été prononcées ; l’enjeu est surtout préventif et qualitatif, mais une carence persistante peut impacter la carrière professionnelle (Ordre des pharmaciens).
Pour les libéraux, il est conseillé de télécharger et de sauvegarder immédiatement chaque attestation de participation sur l’espace MonDPC, car les organismes n’ont l’obligation de conserver les attestations que 6 ans.
Les professionnels salariés peuvent solliciter le service formation de leur établissement pour obtenir un relevé d’activités ou une attestation globale.
Le DPC est souvent perçu comme une contrainte, mais sa maîtrise constitue un atout concret pour sécuriser son exercice. Préparer ses contrôles en amont permet de transformer cette obligation en opportunité d’évolution. Les ordres professionnels mènent également des actions de sensibilisation et d’assistance, afin que le contrôle ne soit plus vécu comme une sanction mais comme un accompagnement vers l’excellence.
Le monde de la santé évolue rapidement ; s’inscrire dans une dynamique de formation continue et en témoigner n’est pas seulement un gage de conformité réglementaire, c’est aussi la clé pour consolider la qualité des soins et la confiance patient-professionnel.