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Introduction : Se former tout au long de la vie, une exigence en santé

Pour les professionnels de santé, le maintien et l’actualisation des connaissances n’est pas qu’une recommandation : c’est une exigence légale, éthique et déontologique. Entre Développement Professionnel Continu (DPC) et formations universitaires classiques, il existe pourtant des distinctions fondamentales, aussi bien dans les objectifs que dans les modalités, le financement ou la reconnaissance finale. Cet article propose un décryptage précis pour vous aider à choisir la voie la plus adaptée à vos besoins et contraintes.

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Définition et cadre réglementaire : DPC VS formation universitaire

Le DPC : une obligation légale structurée par le Code de la santé publique

Le DPC est né de la volonté d’améliorer l’efficience et la qualité des soins. Sa création remonte à la loi « Hôpital, patients, santé et territoires » (HPST) de 2009, réformée par l’ordonnance n°2016-94 du 29 janvier 2016 (source : Légifrance). Depuis 2013, il est une obligation pour l’ensemble des professionnels de santé : chaque praticien doit suivre, sur une période triennale, un parcours de DPC validant la participation à au moins deux types d’actions (formation continue, analyse des pratiques, gestion des risques).

Le DPC est piloté par l’Agence nationale du DPC (ANDPC) qui garantit la qualité et l’évaluation des organismes proposant des formations. Seules les actions DPC validées et publiées sur le site mondpc.fr sont éligibles à la prise en charge institutionnelle.

La formation universitaire classique : du diplôme initial à la spécialisation

La formation universitaire recouvre les cursus diplômants délivrés par les universités et les facultés de santé : Diplôme d’État (DE), Diplôme Universitaire (DU), Diplôme Inter-Universitaire (DIU), Masters, Doctorats. C’est le Ministère de l’Enseignement supérieur et les établissements accrédités qui fixent le cadre, les référentiels, la durée, le contrôle des connaissances et la délivrance des diplômes.

Ces formations poursuivent des objectifs variés : formation initiale, spécialisation, validation de blocs de compétences ou recherche universitaire.

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Pour qui, pour quoi ? Publics, objectifs et formats

DPC : une visée pragmatique, adaptée à votre exercice quotidien

  • Public : Tous les professionnels de santé inscrits à l’Ordre ou détenteurs d’une autorisation d’exercice en France, quel que soit leur mode (libéral, salariés, hospitaliers, etc.).
  • Objectifs : Mise à jour des connaissances obligatoires, analyse des pratiques professionnelles, sécurisation des soins, intégration de nouvelles recommandations (par exemple, vaccination COVID-19, antibiothérapie raisonnée, etc.).
  • Format : Sessions courtes (généralement 1 à 3 jours), modules en présentiel, distanciel, e-learning, ateliers pratiques, grilles d’auto-évaluation, monitorat.

Le DPC privilégie l’apprentissage rapide, applicable immédiatement, en phase avec les évolutions réglementaires (par exemple développement de la téléconsultation, actualisation des protocoles de prise en charge).

Formation universitaire classique : diplômante, longue et structurante

  • Public : Principalement professionnels en formation initiale, internes, étudiants en santé, ou praticiens en quête de spécialisation supplémentaire (ex : capacité douleur, DU tabacologie, DIU gériatrie, Master 2 recherche, etc.).
  • Objectifs : Acquisition de nouvelles compétences certifiantes ou diplômantes, changement ou approfondissement de domaine, accès à certains postes (chef de clinique, Praticien Hospitalier, exercice coordonné, enseignement, recherche).
  • Format : Sessions longues (généralement cours sur 1 à 2 ans pour un DU/DIU, plusieurs années pour un Master/Doctorat), contrôle des connaissances, mémoire, stage pratique le cas échéant, évaluation universitaire.

Ces formations impliquent un investissement important en temps, en organisation et souvent en déplacement, mais ouvrent la porte à la reconnaissance formelle de compétences nouvelles.

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DPC et formations universitaires : différences majeures en 5 points-clés

  1. Objectif principal
    • DPC : Maintenir et perfectionner ses compétences dans le cadre réglementé, répondre à des besoins immédiats affichés par les autorités de santé.
    • Université : Développer, certifier ou réorienter ses compétences ; obtenir un diplôme reconnu nationalement ou à l’international.
  2. Durée et organisation
    • DPC : Modules courts fractionnables (souvent 1 à 3 jours, possiblement à distance).
    • Université : Formations longues et structurées (plusieurs mois à plusieurs années, emploi du temps lourd).
  3. Validation et reconnaissance
    • DPC : Attestation individuelle de participation délivrée par l’ANDPC ou l’employeur (art. 5 de l’ordonnance 2016-94). Cette attestation est requise lors des contrôles triennaux de l’Ordre.
    • Université : Diplôme reconnu, utile à la progression de carrière, parfois indispensable pour accéder à certains postes ou responsabilités.
  4. Financement et prise en charge
    • DPC : Prise en charge financière (honoraires et indemnisation de perte de ressources) principalement assurée par l’Agence Nationale du DPC pour les libéraux et salariés des centres de santé conventionnés. Chiffres 2022 : Plus de 90 000 professionnels de santé libéraux ont bénéficié d’une indemnisation moyenne de 420 € (source : ANDPC rapport annuel 2022).
    • Université : Inscription majoritairement payante. Les tarifs d’un DU/DIU oscillent entre 700 et 2 800 €, rarement pris en charge. Quelques formes de soutien existent (OPCO, employeur, bourses, organismes régionaux).
  5. Impact sur la trajectoire professionnelle
    • DPC : Valorisation dans le parcours professionnel et lors d’accréditations, meilleure sécurité juridique et conformité, mais peu d’impact “officiel” sur la carrière ou la progression salariale.
    • Université : Diplôme indispensable à l’accès à certains métiers, reconnaissance pour accéder à la recherche, à l’enseignement, à l’encadrement (ex : DU d’échographie pour enseigner, DIU de gériatrie pour un poste en SSR gériatrique).
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Cas concrets : quand privilégier le DPC, quand choisir l’université ?

  • Vous êtes médecin généraliste, kinésithérapeute, ou sage-femme. Besoins : Mettre à jour vos pratiques, actualiser vos compétences en antibiothérapie, vaccinations, dépistage, téléconsultation. Solution : DPC, qui propose chaque année des dizaines d’actions thématiques conformes aux recommandations HAS ou ministérielles, validées et financées par l’ANDPC.
  • Vous souhaitez acquérir une nouvelle compétence pointue ou enseigner. Besoins : Obtenir une reconnaissance formelle en addictologie, tabacologie, échographie, douleur, ou préparer une reconversion. Solution : DU, DIU ou Master, cursus sur plusieurs mois avec validation universitaire, diplômes souvent exigés pour exercer en tant qu’enseignant, référent, ou chef de service.
  • Vous exercez en établissement de santé et souhaitez intégrer une démarche d’accréditation collective. Besoins : Former toute une équipe aux bonnes pratiques, gestion des risques, évaluation des protocoles. Solution : Actions DPC collectives ou évaluations des pratiques professionnelles (EPP), facilement organisables en intra, avec participation de plusieurs corps de métiers.

Un point souvent méconnu : on peut choisir de suivre les deux types de formations pour enrichir son parcours ! Les actions DPC ne ferment pas la porte à une inscription universitaire, et réciproquement. En pratique, près de 60 % des médecins déclarent avoir suivi au moins une formation universitaire (hors internat) depuis leur installation, mais près de 100 % ont validé au moins un module DPC (source : Ordre des médecins, “Enquête Formation”, 2021).

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Points communs et complémentarités

Malgré leurs vraies différences, DPC et formations universitaires partagent certains fondamentaux :

  • Ancrage scientifique : Les contenus sont validés selon des référentiels actualisés et des recommandations de bonne pratique (HAS, Collège national).
  • Diversité des formats : Les deux types de formations se modernisent. De plus en plus de cursus universitaires intègrent le distanciel et la simulation, comme le DPC.
  • Évaluation continue : L’une et l’autre proposent des évaluations, que ce soit par QCM, audit, mémoire, ou mises en situation.
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Focus : reconnaissance, obligations et contrôles

Critère DPC Formation universitaire
Obligation légale Oui (triennal, Code de la santé publique, art. L4021-1) Non (hors formation initiale)
Reconnaissance institutionnelle Attestation délivrée et exigible par l’Ordre Diplôme universitaire officiel
Financement Prise en charge possible par l’ANDPC, FIF-PL, Faf-PM... selon statut À la charge du participant, peu de financements sauf exceptions
Durée Courte (heures à jours) Longue (mois à années)
Contrôle Audit triennal par l’Ordre professionnel Soutenance, mémoire, épreuves universitaires
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Vers une formation continue intégrée, personnalisée et reconnue

Face à la complexité croissante du système sanitaire, l’articulation entre DPC et formation universitaire devient stratégique. La loi Ma Santé 2022 promeut des passerelles entre reconnaissance académique et formation professionnelle. Les Ordres professionnels encouragent une diversification des parcours, adaptée aux enjeux locaux et à l'évolution de la démographie médicale et paramédicale.

Votre choix dépendra de votre projet professionnel, de vos contraintes d’exercice et de vos aspirations : amélioration des pratiques quotidiennes via le DPC, transformation ou spécialisation par le biais d’un cursus universitaire. À retenir : la complémentarité de ces deux voies est précieuse, autant pour la qualité des soins que pour votre épanouissement professionnel.

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