Que recouvre exactement la digitalisation en santé ? Loin d’être un simple transfert de supports papier vers des solutions informatisées, le numérique englobe l’ensemble des technologies bouleversant la médecine : systèmes d’information (HIS, DMP), télémédecine, intelligence artificielle (IA), applications mobiles, objets connectés, solutions de coordination ville-hôpital… Selon la DREES (2023), plus de 90% des cabinets médicaux sont désormais équipés de logiciels de gestion de dossiers patients. Le déploiement du Dossier Médical Partagé (DMP) a dépassé les 10 millions d’utilisateurs en France début 2024 (Assurance Maladie).
La formation au numérique ne doit donc plus être vécue comme une compétence accessoire : elle répond à une nécessité d’adapter la pratique médicale tant aux exigences réglementaires qu’aux attentes des patients, de plus en plus acteurs de leur parcours de soins via le digital.
Le Développement Professionnel Continu (DPC) impose à chaque médecin un parcours de formation sur trois ans, incluant trois axes : amélioration des pratiques, gestion des risques et formation continue. La digitalisation est identifiée par l’arrêté du 9 décembre 2019 parmi les sujets prioritaires du plan triennal DPC 2023-2025 (ANDPC, Ministère de la Santé), avec plusieurs orientations dédiées :
Concrètement, cela signifie qu’un médecin libéral, un hospitalier ou un praticien salarié doit intégrer à son parcours DPC, au moins une fois tous les trois ans, une action validant l’acquisition ou l’actualisation de compétences numériques en santé. Autrement dit, vous devez pouvoir :
L’ANDPC propose un catalogue étoffé où près de 1 000 actions concernent le numérique en santé pour les professions médicales (2024), avec des formats variés : formation en ligne, ateliers, séminaires présentiels, e-learning.
La montée en compétence numérique du médecin ne se limite pas à l’usage d’un logiciel ou à la réalisation d’une téléconsultation. Les formations labellisées DPC cherchent à développer quatre grands blocs de compétences :
Selon la Fédération Française des Médecins Généralistes (MG France) – enquête 2023, 82 % des praticiens estiment que la formation au numérique leur a permis non seulement de mieux répondre aux attentes réglementaires, mais aussi d’améliorer la qualité et la coordination des soins.
Les dispositifs de formation éligibles au DPC sur le numérique sont de plus en plus nombreux et diversifiés, lorsqu’on analyse l’offre certifiée par l’Agence nationale du DPC.
| Intitulé de la formation | Mots-clés | Modes | Exemples d’organismes |
|---|---|---|---|
| La téléconsultation en pratique médicale : maîtriser tous les aspects | Télémédecine, réglementation, outil, consentement | Classe virtuelle, ateliers pratiques, e-learning | FMC Action, Collège de Médecine Générale |
| Le Dossier Médical Partagé et coordination des soins | DMP, coordination, protection des données | Présentiel + e-learning | CNFMC, UNFM |
| Intelligence artificielle et pratique médicale | IA, tri diagnostic, éthique | E-learning, serious game | Santé Académie, UNESS |
| Cybersécurité et secret médical à l’ère du numérique | Cybersécurité, RGPD, messagerie sécurisée | Webinaire, module interactif | ANAP, FFMPS |
Au-delà des catalogues institutionnels, certains Conseils de l’Ordre, URPS, CHU ou sociétés savantes organisent leurs propres sessions, souvent adaptées aux spécificités locales ou de spécialité.
Le choix de la formation ne peut être arbitraire : il doit répondre à trois critères majeurs :
S’engager dans un parcours DPC sur le numérique, c’est avant tout se donner les moyens d’assurer une prise en charge optimale des patients à l’ère du digital. Les retours de terrain confirment que ces formations permettent :
En somme, la formation DPC centrée sur le numérique est aujourd’hui un levier incontournable pour pérenniser votre exercice, affirmer votre expertise et préserver votre relation patient même dans un écosystème de soins en mutation rapide. Face à la progression de l’intelligence artificielle, à la place croissante des dispositifs connectés, aux attentes nouvelles des patients, former le médecin du XXIᵉ siècle au numérique via le DPC n’est pas un luxe ni une contrainte : c’est la clé d’un exercice médical sûr, efficace et tourné vers l'avenir.
Références :