La kinésithérapie respiratoire est l’une des disciplines les plus exposées à l’évolution des connaissances et des recommandations cliniques. Qu’il s’agisse de la prise en charge du nourrisson en bronchiolite, des pathologies respiratoires chroniques adultes (BPCO, asthme, mucoviscidose) ou encore de la réadaptation post-COVID-19, rester à jour constitue un enjeu central. Depuis 2013, la mise en place du Développement Professionnel Continu (DPC) oblige chaque kinésithérapeute à se former régulièrement, avec un effet direct sur la qualité des soins (Source : ANDPC).
Mais concrètement, comment le DPC façonne-t-il la pratique de la rééducation respiratoire ? Quels changements, quels apports, quelles limites ? Faisons le point.
Le DPC est un dispositif réglementaire qui impose à chaque professionnel de santé, kinésithérapeutes inclus, de suivre un parcours de formation continue sur une période triennale. L’objectif officiel : "l’amélioration continue de la qualité des soins et la sécurité des patients" (loi HPST, 2009 ; décret du 30 décembre 2011).
Cette contrainte administrative, parfois vécue comme un "obstacle", est devenue un levier de transformation pour nombre de kinésithérapeutes impliqués dans la rééducation respiratoire.
Le catalogue DPC référence près de 400 organismes proposant des formations pour les kinésithérapeutes, dont une part significative consacrée à la rééducation respiratoire. En 2022, environ 15 % des actions DPC réalisées en masso-kinésithérapie relevaient de la sphère respiratoire (données ANDPC, rapport d’activité 2022).
Quelques thématiques majeures observées dans les appels à formation :
Depuis la pandémie de Covid-19, la demande de formations DPC orientées vers les pathologies respiratoires a bondi de 30 %, selon les chiffres transmis par l’Ordre national des masseurs-kinésithérapeutes (rapport 2022).
Grâce au DPC, la pratique en kinésithérapie respiratoire s’est sensiblement professionnalisée et modernisée dans plusieurs directions. Certains impacts concrets sont aujourd’hui bien documentés.
Des retours recueillis, plusieurs points récurrents émergent :
Si l’apport du DPC se vérifie, certains points d’achoppement subsistent :
La kinésithérapie respiratoire, discipline en perpétuelle mutation, profite du DPC pour ancrer ses pratiques dans l’actualité des données scientifiques. Si le dispositif reste perfectible, il joue un rôle moteur pour :
Pour les kinésithérapeutes engagés dans la prise en charge respiratoire, le DPC apparaît aujourd’hui comme une opportunité stratégique et un vecteur de reconnaissance professionnelle. Il appartient à chaque praticien de s’en saisir pour faire évoluer, à son échelle, la qualité et la sécurité de la prise en charge de centaines de patients, enfants comme adultes, au quotidien.