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Qu’est-ce que le DPC ? Rappels réglementaires

Mis en place par la loi Hôpital, Patients, Santé, Territoires (HPST) de 2009 et consolidé par la loi du 26 janvier 2016, le DPC s’impose à tous les professionnels de santé exerçant en France, entendus au sens du Code de la Santé Publique. L’obligation vise à garantir le maintien à jour des connaissances et l’amélioration continue de la qualité et de la sécurité des soins.

Les textes clés pour les kinésithérapeutes :

  • Article L4021-1 du Code de la Santé Publique : Obligation triennale de justifier de son engagement dans une démarche DPC appropriée à la nature de son exercice.
  • Décret n° 2016-942 du 8 juillet 2016 : Précise les organismes et modalités de contrôle.
  • Arrêté du 7 avril 2020 : Définit la liste des orientations prioritaires DPC (lien officiel : legifrance.gouv.fr).
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DPC : une obligation pour tous les kinésithérapeutes, quel que soit le mode d’exercice

L’obligation concerne indistinctement :

  • Les kinésithérapeutes libéraux (cabinet individuel, en groupe ou SCM)
  • Les kinésithérapeutes salariés en établissement de santé ou médico-social

Contrairement à un mythe tenace, être salarié ne dispense pas du DPC. Le contrôle du respect de l’obligation s’effectue selon le mode d’exercice, mais tous les kinésithérapeutes doivent pouvoir produire une attestation triennale lors du contrôle de leur ordre ou employeur.

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Le parcours DPC : une obligation triennale, pas annuelle

Le DPC s’organise sur une période de 3 ans appelée “période triennale”. La période en cours : 2023-2025. Vous devez pouvoir justifier, pour chaque période :

  • de votre participation effective à au moins une action de DPC conforme à vos besoins et à votre pratique,
  • et idéalement répondant aux orientations prioritaires définies (voir plus loin).

Il n’est donc pas obligatoire de réaliser une action chaque année – contrairement à ce que laissaient penser certaines consignes anciennes ou des communications de certains organismes. Ce qui compte, c’est que, sur 3 ans, au moins une action DPC (complète : incluant analyse de pratiques ET/OU acquisition/consolidation de connaissances) ait été suivie.

A noter : Rien n’interdit évidemment de suivre plus d’une formation par période triennale. Certains professionnels le font spontanément ou sur injonction de leur employeur ou de leur CPAM.

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Fonctionnement du DPC : agence, contrôle, financements

La gestion du DPC pour les kinésithérapeutes libéraux relève de l’Agence Nationale du DPC (ANDPC). C’est cet organisme qui enregistre vos formations et émet les attestations officielles.

Pour les salariés, un double circuit coexiste :

  • Le kinésithérapeute peut participer à des actions DPC proposées par son établissement (plan de formation rendu compatible DPC), ou à titre individuel sur son temps de travail ou hors temps de travail.
  • Pour valider le DPC, les formations suivies doivent être reconnues "DPC" – il ne suffit pas qu’elles soient simplement "accréditées" par un organisme de formation.

Côté financement, l’ANDPC prend en charge le coût de la formation et verse une indemnité pour perte de revenus (pour les libéraux). La prise en charge totale varie (plafond annuel). En 2024, le forfait est de 558 € pour une action DPC collective d’une durée de 7 heures (voir référentiel ANDPC 2024).

À noter qu’un kinésithérapeute salarié relèvera en général du financement employeur (CPF, FIF-PL, OPCO…) :

  • En EHPAD, certaines formations DPC sont aussi prises en charge par l’ANDPC, sous conditions.
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Quelles actions valident le DPC ?

Pour répondre à l’obligation, il faut réaliser une action agréée DPC, inscrite au Catalogue DPC (site ANDPC).

  • Formations présentielles ou en e-learning
  • Analyse de pratiques (audit clinique, groupes de pairs, revues de cas)
  • Programmes intégrés croisant plusieurs méthodes

En 2024, le catalogue DPC propose plus de 1 000 références spécifiques pour les kinésithérapeutes, couvrant aussi bien la rééducation en neurologie adulte, la prise en charge de la douleur chronique, que les techniques de kinésithérapie respiratoire chez l’enfant (source ANDPC).

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Orientations prioritaires DPC : choisir une action pertinente

Chaque triennale, l’État publie la liste des orientations prioritaires DPC. Leur respect n’est pas strictement obligatoire pour valider le DPC, mais il est vivement recommandé (et valorisé durant les contrôles).

Parmi les priorités 2023-2025 pour les kinésithérapeutes :

  • Prévention de la perte d’autonomie et rééducation des troubles moteurs du sujet âgé
  • Prise en charge non médicamenteuse de la douleur
  • Soutien à la rééducation respiratoire (adultes et enfants)
  • Sécurisation de la prescription, bon usage des dispositifs médicaux
  • Démarche qualité, évaluation des pratiques en établissement
Publications : Arrêté du 7 avril 2020

Choisir une action en lien avec ces orientations renforcera la pertinence du parcours DPC et facilitera le contrôle de conformité.

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Justification et contrôle de l’obligation DPC : ce qu’il faut présenter

Une question fréquente : Qui contrôle ? L’Ordre des Masseurs-Kinésithérapeutes (CDOMK / CNO) contrôle le respect de l’obligation, sur tirage au sort ou à l’occasion de la réinscription, via le portail mondpc.fr ou en demandant l’attestation DPC. Pour les salariés, l’employeur peut aussi exiger la justification de la démarche DPC.

En pratique :

  • Sur le site mondpc.fr, chaque kinésithérapeute dispose d’un "portefeuille numérique" mentionnant les actions suivies.
  • Ce document, ou l’attestation téléchargeable, fait foi lors d’un contrôle de l’Ordre.
  • Pour les kinésithérapeutes exerçant en deux statuts (mixte), une seule obligation DPC par période triennale !

Depuis 2021, le taux de conformité au DPC reste faible : lors de l’appel du CNO en 2021, moins de 32 % des kinésithérapeutes avaient pu présenter leur attestation DPC lors du premier contrôle aléatoire (Source : Conseil National de l’Ordre).

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Modalités de participation : inscription, organisation, délais

Pour les kinésithérapeutes libéraux :

  1. Créer un compte personnel sur mondpc.fr (attention : une seule création par N° RPPS, même en cabinet de groupe).
  2. Sélectionner une action DPC dans le catalogue, puis s’y inscrire.
  3. Une convocation et une convention sont adressées par l’organisme ; le kinésithérapeute dispose d’un délai (variable) pour valider son inscription.
  4. L’ANDPC effectue la prise en charge administrative et financière, puis émet l’attestation à l’issue de la formation (automatique sous 2 semaines après participation complète).

Pour les kinésithérapeutes salariés, rapprochez-vous du service formation de votre établissement. Il est fréquent que le responsable formation propose un calendrier des séminaires DPC reconnus pour votre équipe ; dans le cas contraire, la démarche individuelle est toujours possible via le site mondpc.fr ou par inclusion dans le plan d’établissement.

À savoir : même les actions dites “présentielles” peuvent désormais intégrer une partie distancielle, et ce depuis la crise Covid-19 – le DPC a su s’adapter aux contraintes sanitaires et professionnelles des kinésithérapeutes.

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Spécificités selon le secteur d’exercice : libéral, hôpital, EHPAD

En libéral

  • Les bénéfices majeurs du DPC se situent sur la mise à jour des connaissances, la sécurisation des pratiques, la légitimité professionnelle et la valorisation du parcours de soins auprès des patients et prescripteurs (médecins, établissements, réseaux).
  • En 2023, 66 % des actions DPC suivies par les MK libéraux portaient sur les troubles musculosquelettiques ou la prise en charge de la douleur (Source ANDPC).
  • Le DPC est pris en compte par l’Assurance Maladie dans le cadre du Contrat d’Amélioration Individuelle des Pratiques (CAIP) : point + suivi si déclaration via le site ameli.fr.

En établissement de santé

  • Le responsable formation DRH s’assure de la conformité des actions inscrites dans le plan annuel/ triennal.
  • Il est recommandé de formaliser sa démarche DPC en entretien professionnel, lors de l'évaluation annuelle.
  • Les sujets prioritaires en établissement : démarche qualité (HAS), gestion des risques, prise en charge de la douleur, prévention des chutes, etc.

En EHPAD et secteur médico-social

  • L’accent est mis sur la prévention de la dépendance, les mesures de prévention des risques liés à la mobilité, et la coordination pluriprofessionnelle autour du patient âgé.
  • Le DPC participe au renouvellement et à la sécurisation de la certification des établissements (visite HAS).
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DPC et évolution de carrière : quels enjeux pour les MK ?

Loin d’être vue comme une “paperasse”, la démarche DPC participe de plus en plus à la valorisation des compétences : accès à des postes à responsabilité, participation à la rédaction de protocoles, intégration de démarches innovantes (télésoin, prise en charge pluridisciplinaire). Elle conditionne parfois l’adhésion à certains réseaux de soins structurés.

Le monde de la kinésithérapie évolue vite : en 2022, près de 12 % des contenus DPC intégraient une dimension de e-santé ou de télésurveillance (source ANDPC), une tendance amenée à se renforcer avec la montée du numérique en rééducation.

Investir du temps dans la formation DPC, c’est donc investir dans sa propre progression professionnelle, mais aussi dans la reconnaissance de la kinésithérapie auprès des tutelles, prescripteurs et des patients.

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À retenir : Checklist pratique du DPC pour kinésithérapeutes en 2024

  • 1 inscription au DPC obligatoire chaque période de 3 ans (2023-2025) pour tous les kinésithérapeutes
  • Sélectionner une formation DPC validante dans le catalogue ANDPC (https://www.agencedpc.fr/)
  • Télécharger son attestation sur mondpc.fr
  • Préférer des thématiques en lien avec les orientations nationales prioritaires
  • En cas d’exercice salarié, intégrer le DPC dans l’entretien professionnel avec la hiérarchie
  • En cabinet, indiquer le DPC lors de l’auto-déclaration sur ameli.fr si vous êtes en CAIP
  • Conserver ses attestations en cas de contrôle de l’Ordre
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DPC : mieux comprendre pour mieux progresser

Respecter l’obligation DPC n’est pas qu’une contrainte administrative : c’est une formidable opportunité d’actualiser ses pratiques, d’échanger avec ses pairs et de s’ouvrir aux évolutions de la kinésithérapie. Pour 2024, le volume de l’offre et la variété des thèmes vous permettent de personnaliser votre parcours. Se former, c’est anticiper les évolutions réglementaires tout en sécurisant son exercice, et c’est aussi afficher, auprès de ses patients, une démarche éthique et responsable. Pour toute question spécifique, il ne faut pas hésiter à solliciter son Ordre ou à consulter le site de l’ANDPC, qui actualise en temps réel l’offre de formation et les obligations.

Sources :

Pour aller plus loin