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Le DPC : cadre légal et fondements

Le DPC est défini par l’article L4021-1 du Code de la santé publique, issu de la loi HPST (Hôpital, Patients, Santé, Territoires) de 2009, réformé en 2016 lors la création de l’Agence nationale du DPC (ANDPC). Ce dispositif réglemente la formation tout au long de la vie des professionnels de santé : il vise à garantir l’actualisation de leurs savoirs, compétences et pratiques (source : Code de la santé publique).

  • Objectif : Maintenir et améliorer la qualité, la sécurité des soins et la gestion des risques.
  • Obligation triennale : Chaque professionnel doit répondre à cette obligation une fois par période de trois ans ("période de DPC").
  • Double exigence : Se former ET analyser ses pratiques professionnelles (APP).
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Les obligations DPC, profession par profession

1. Pour les médecins

Les médecins (qu’ils soient libéraux, hospitaliers, salariés, remplaçants, retraités actifs…) doivent justifier, tous les trois ans, de leur engagement dans une démarche DPC comportant deux volets : formation continue et analyse des pratiques. La réglementation précise :

  • Obligation triennale : Depuis le 1er janvier 2013, chaque médecin doit justifier de son DPC sur la période en cours.
  • Déclaration : En 2021, 30% des médecins libéraux remplissaient effectivement cette obligation selon l’Agence nationale du DPC (Rapport annuel ANDPC 2021). C’est encore trop peu.
  • Contrôle : Le Conseil National de l’Ordre des Médecins (CNOM) vérifie la réalisation du DPC. Un défaut de justification peut déboucher – en théorie – sur des mesures disciplinaires (blâme, suspension…), encore rarement appliquées à ce jour.
  • Formes reconnues : Actions DPC validées par l’ANDPC, congrès médicaux agréés, formations universitaires, publications scientifiques (dans certaines limites).

Exemple concret : Dr Martin, généraliste, participe à deux e-learning de l’ANDPC en 2022 et 2024 et réalise un audit clinique en 2025. Il répond alors à l’obligation pour la période 2023-2025.

2. Les chirurgiens-dentistes

La structure du DPC est comparable, mais les taux de conformité varient fortement. En 2021, seulement 25% des praticiens déclaraient avoir respecté leur obligation (ONCD).

  • Période : Tous les trois ans, avec justification auprès de l’Ordre.
  • Actions validantes : Formations ANDPC, DU universitaires, analyse de pratiques, recommandations de la HAS…
  • Délais : Fin janvier de l’année suivant la période triennale.
  • Particularité : Si exercice salarié ET libéral, c’est la situation la plus contraignante qui s’applique.

3. Les infirmiers, kinésithérapeutes, sages-femmes, podologues et orthophonistes

Depuis la loi du 26 janvier 2016 et le décret du 9 mai 2017 (Décret n°2017-894), la procédure DPC leur est systématiquement applicable.

  • Infirmiers : Obligation triennale. Le contrôle est assuré par l’Ordre national des infirmiers (ONI).
  • Kiné : Idem, contrôle par l’Ordre et la CPAM.
  • Sages-femmes : Idem, contrôle par l’Ordre national des sages-femmes.
  • Orthophonistes, orthoptistes : Idem, obligation triennale, suivie par l’Ordre respectif.
  • Podologues : DPC obligatoire, contrôle par l’Ordre.

Exemple : Une infirmière libérale effectue deux formations DPC et une participation à un groupe d’analyse de pratiques pendant trois ans : elle peut justifier sa conformité.

4. Préparateurs en pharmacie et pharmaciens

Les pharmaciens d’officine, d’hôpital et de laboratoire sont soumis au DPC, en plus de l’obligation de formation continue.

  • Actions reconnues : Formations validées DPC (ex : dispensation à domicile, bon usage du médicament…).
  • Modalités : Idem – obligation triennale. Contrôle par l’Ordre national des pharmaciens.

Les préparateurs en pharmacie suivent des règles similaires, contrôlées par leur employeur et l’Ordre.

5. Les autres professionnels de santé

Sont également concernés : biologistes, manipulateurs radio, ergothérapeutes, diététiciens, psychomotriciens, pédicures-podologues, audioprothésistes… Les règles sont identiques : obligation triennale, contrôle par le conseil de l’Ordre ou, en l’absence d’Ordre, par l’ARS.

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En pratique : que doit contenir un parcours DPC valide ?

  • Une action DPC validée : Inscription à une action référencée sur www.mondpc.fr, conduite par un organisme enregistré.
  • Un parcours mixte : Combiner formation continue, analyse de pratiques, participation à des conférences agréées par la Commission Scientifique Indépendante (CSI).
  • Traçabilité : Attestation de participation délivrée par l’organisme, à conserver pendant 6 ans minimum (source : ANDPC).
  • Déclaration : Sur le portail de l’Ordre ou, pour certaines professions, via le portefeuille numérique DPC (en cours de déploiement).
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Sanctions en cas de non-respect de l’obligation DPC

La loi prévoit des sanctions, essentiellement ordinales, en cas de manquement : avertissement, blâme, voire interdiction temporaire d’exercer (voir article R.4127-1 et suivants du CSP). À ce jour, les procédures restent marginales faute de contrôles systématiques – mais les pouvoirs publics renforcent régulièrement la traçabilité et les campagnes de vérification (cf. rapport IGA/IGAS, 2023).

Pour le secteur salarié hospitalier, la formation reste une obligation fixée par l’employeur : le DPC s’ajoute, sans se substituer au plan de formation interne.

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Chiffres clés et état des lieux

  • 6,2 millions : Nombre de participations DPC enregistrées entre 2013 et 2023 (Rapport national ANDPC 2023).
  • 141 organismes habilités DPC en 2024 (contre 68 en 2018), gage de diversité mais aussi de complexité.
  • 45% des médecins et pharmaciens libéraux ont effectué au moins une action DPC sur la période 2020-2022, mais seuls 31% ont validé un cycle complet.
  • 64% des masseurs-kinésithérapeutes déclarent avoir réalisé au moins une action DPC sur la période récente, selon la Caisse nationale d’assurance maladie (données 2022).
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Points pratiques pour optimiser votre conformité

  • Consultez régulièrement votre espace personnel DPC : Suivi automatique des actions validées et attestation PDF disponible immédiatement après chaque formation.
  • Pensez cumul : Plusieurs actions de formation courte peuvent être additionnées sur une même période.
  • Gardez vos justificatifs : Les Ordres, agences ou employeurs peuvent contrôler vos attestations à tout moment.
  • Anticipez : L’offre en fin de période monte en charge : prévoyez une inscription tôt pour éviter l’engorgement des places sur les formations prisées.
  • N’hésitez pas à mixer les modalités : Présentiel, E-learning, Ateliers, Audit, EPP… Choisissez ce qui correspond à votre pratique, tout en restant conforme.
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FAQ : Questions courantes sur les obligations DPC

  • Puis-je réaliser tout mon DPC en e-learning ? Oui, si les actions sont labellisées ANDPC, mais une action d’analyse des pratiques est recommandée.
  • Je travaille en centre hospitalier, dois-je faire du DPC ? Oui, même si la formation hospitalière se cumule : renseignez-vous sur les dispositifs internes et mutualisez au mieux les actions validantes.
  • Mon congrès est-il reconnu ? Seuls certains événements agréés par la CSI ou l’Ordre peuvent être pris en compte.
  • Faut-il envoyer ses attestations à un organisme ? Oui, à déclarer via son espace Ordre ou mondpc.fr selon la profession.
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À retenir : obligations DPC, une chance de progresser

Le DPC n’est pas qu’une contrainte administrative : il est conçu pour répondre à une double exigence de qualité et d’actualisation professionnelle. Les règles varient selon le métier mais le tronc commun : faire une action DPC par période de trois ans, analysez ses pratiques, justifiez auprès de votre Ordre, et conservez vos attestations. La conformité aux obligations reste aujourd’hui hétérogène selon les professions, mais la tendance est au renforcement des contrôles – et à la reconnaissance de l’investissement formation dans la pratique de tous les jours.

Pour aller plus loin, suivez la veille sur les textes de loi, inscrivez-vous tôt aux sessions DPC, et choisissez des actions qui nourrissent votre pratique quotidienne : la formation, ce n’est pas seulement se mettre à jour, c’est aussi rester acteur de sa profession.

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