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Le DPC, une obligation professionnelle encadrée

Depuis la création du Développement Professionnel Continu (DPC) en 2013, la formation continue n’est plus un choix personnel, mais une exigence inscrite dans la législation française pour préserver la qualité et la sécurité des soins (Loi HPST, art. L4021-1 du Code de la santé publique). Médecins, infirmiers, pharmaciens, sages-femmes, kinésithérapeutes, chirurgiens-dentistes, biologistes, orthophonistes et autres professions réglementées : tous sont concernés.

L’objectif officiel du DPC est double :

  • Maintenir et actualiser ses compétences tout au long de la vie professionnelle
  • Améliorer la qualité des pratiques et la sécurité des soins

Mais qui veille, concrètement, à ce que cette obligation soit respectée ? Les Conseils de l’Ordre jouent ici un rôle central dans le suivi et le contrôle du DPC. Leur action, souvent méconnue, structure en réalité tout le dispositif.

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Le socle réglementaire : textes et responsabilités

Le suivi de l’obligation DPC par les Conseils de l’Ordre repose sur plusieurs textes de référence :

  • Loi n° 2009-879 du 21 juillet 2009 (« HPST »), instaurant l’obligation triennale du DPC
  • Décret n° 2016-942 du 8 juillet 2016, précision des modalités d’application
  • Articles R.4127-1 et suivants du Code de la santé publique : intégration du DPC au code de déontologie médicale

Chaque professionnel a l’obligation de justifier, tous les 3 ans, de son engagement dans un parcours de DPC (article L4021-1 du CSP). Le niveau du contrôle et les modalités pratiques sont confiés aux Conseils Nationaux et Régionaux de chaque profession : Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM), des sages-femmes, des chirurgiens-dentistes, etc.

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Les missions concrètes des Conseils de l’Ordre face au DPC

  • Informer : Les Ordres diffusent des guides pratiques, rappellent les échéances, organisent des points d’information lors des assemblées, informent sur les modalités de recueil (exemple : guide du CNOM).
  • Centraliser les justificatifs : Via des plateformes spécifiques (ex : www.mondpc.fr pour les infirmiers, portail e-OS pour les médecins), les justificatifs de formation sont recueillis électroniquement, sécurisant la preuve de réalisation.
  • Contrôler et vérifier : Les Conseils de l’Ordre reçoivent des listes nominatives issues de l’Agence nationale du DPC (ANDPC) et peuvent exiger communication des justificatifs en cas de doute.
  • Sensibiliser et alerter : En cas de manquement, l’Ordre peut envoyer un rappel, une mise en demeure, voire ouvrir une procédure disciplinaire en cas de refus répété ou de non-respect chronique.
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Le dispositif de contrôle : comment s’organise-t-il ?

Un contrôle tous les trois ans

Le contrôle des obligations DPC s’effectue sur une base triennale. Chaque praticien doit pouvoir justifier de son respect de cette obligation à la fin de la période de trois ans.

Depuis la réforme de 2016 (cf. décret du 8 juillet 2016), la transmission des justificatifs de DPC peut être réalisée par voie dématérialisée, ce qui simplifie la procédure, mais impose une bonne organisation documentaire au praticien.

Quels justificatifs ?

  • Attestations de participation à des formations DPC agréées (sessions présentielles, e-learning, groupes de pairs…)
  • Preuves d’audits cliniques ou d’analyses de pratiques
  • Justificatifs pour actions assimilées (ex : encadrement d’internes, publications scientifiques, etc., sur critères validés par la profession, cf. FAQ ANDPC)

Quels contrôles en pratique ?

Les contrôles varient selon la profession, mais partagent une logique commune :

  • Soit un échantillonnage aléatoire de praticiens est tiré à chaque fin de période triennale (médecins, kinésithérapeutes…)
  • Soit un contrôle systématique est fait pour ceux exerçant des responsabilités (chefs de service, responsables d’un établissement, etc.) ou signalés par une alerte (manquements répétés, plaintes…)
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En chiffres : quelle réalité des contrôles et des manquements ?

Le sujet reste sensible et les chiffres officiels sont rares, mais quelques rapports ou données publiées donnent des ordres de grandeur :

  • En 2022, 20 000 contrôles individuels ont été réalisés par les Conseils départementaux de l’Ordre des médecins sur le DPC (CNOM, rapport annuel 2023).
  • Parmi les médecins contrôlés, 94% étaient en règle ou ont régularisé leur situation après rappel.
  • Près de 1 200 mises en demeure ont été émises, mais seuls 27 cas ont abouti à une procédure disciplinaire, avec la plupart des décisions allant du simple avertissement à l'ajournement de la sanction lorsque la régularisation avait été faite tardivement.
  • L’Ordre national des infirmiers, pour sa part, a procédé à plus de 5 000 contrôles en 2022, avec un taux de conformité similaire (source : ONI, rapport 2022).

Le plus souvent, un simple retard de justification se règle à l’amiable après rappel. C’est l’absence de toute démarche malgré plusieurs sollicitations qui expose réellement à des sanctions.

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Quelles conséquences en cas de manquement ?

Le non-respect de l’obligation DPC constitue un manquement déontologique (cf. art. R.4127-11 du CSP). Les Conseils de l’Ordre disposent de plusieurs leviers :

  • Rappel à l’ordre
  • Mise en demeure de régulariser la situation sous délai (généralement 30 à 60 jours)
  • Ouverture d’une procédure disciplinaire devant la chambre disciplinaire de l’Ordre
  • La sanction la plus fréquente est l’avertissement, mais des suspensions d’exercice sont possibles en cas de refus obstiné

Aucune radiation n’a été signalée à ce jour. Le processus est gradué, laissant systématiquement la place à la régularisation. D’ailleurs, au vu des chiffres, la très grande majorité des professionnels mettent leur situation en règle suite au rappel.

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Des obligations adaptées à la diversité des situations

Les Conseils de l’Ordre tiennent compte de la diversité des exercices :

  • Professionnels en cumul emploi-retraite
  • Praticiens qui cessent ponctuellement d’exercer (congés maternité, longue maladie…)
  • Exercice salarié, libéral, mixte, ou en structures d’urgence

Dans ces cas, une attestation de situation (arrêt de travail, diminution d’activité) ou une déclaration sur l’honneur peut parfois justifier une adaptation du suivi, mais l’obligation de s’informer reste.

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Conseils pratiques : comment ne pas être pris au dépourvu ?

  • S’inscrire sous son vrai numéro RPPS ou ADELI sur chaque formation pour que les participations soient bien rattachées à votre profil DPC
  • Vérifier régulièrement l’exactitude de ses informations personnelles sur le site du DPC ou auprès de son Ordre
  • Archiver systématiquement tous ses justificatifs de formation (PDF, attestation signée…)
  • Anticiper la régularisation en cas d’absence à une session DPC (remplacement du module, élargissement du panier de formations…)
  • Demander conseil en cas de doute à la cellule DPC de votre Conseil départemental de l’Ordre

Des plateformes comme www.mondpc.fr ou le portail e-OS sont vos alliés pour éviter souci ou oubli.

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Des perspectives d’évolution et de nouvelles responsabilités

2023 a marqué un tournant avec la mission confiée à la Haute Autorité de Santé (HAS) pour définir des orientations nationales prioritaires (Arrêté du 31 juillet 2023). Désormais, les parcours DPC devront répondre à des objectifs collectifs (ex : amélioration du dépistage du diabète ou vaccination). Les Conseils de l’Ordre adapteront leurs contrôles pour juger, non seulement du volume de formation, mais aussi de la pertinence du parcours suivi.

D'autre part, certains conseils professionnels réfléchissent à renforcer les sanctions en cas de carence persistante, sous la pression des autorités de tutelle et du grand public, soucieux de la sécurité des soins.

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Une exigence partagée, un atout pour la profession

Le contrôle du DPC par les Conseils de l’Ordre — s’il peut sembler contraignant — vise d’abord à garantir aux patients que chaque professionnel actualise et questionne sans cesse ses pratiques. Les Ordres sont là non seulement pour sanctionner les manquements, mais pour soutenir et accompagner, en garantissant un même niveau d’exigence à tou.te.s.

En somme, comprendre le rôle des Conseils de l’Ordre dans le suivi du DPC permet d’anticiper les contrôles, de sécuriser son parcours professionnel, et surtout de valoriser la rigueur qui fait la force de la profession de santé en France. Une démarche à la fois individuelle et collective, au service de la qualité et de la confiance.

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Sources et ressources pour aller plus loin

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