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Développement Professionnel Continu : rappel des obligations pour les professionnels de santé

Depuis la loi HPST de 2009, le DPC est une obligation triennale pour l’ensemble des professionnels médicaux et paramédicaux. Elle s’applique aussi bien aux médecins, chirurgiens-dentistes, pharmaciens, infirmiers qu’aux masseurs-kinésithérapeutes, sage-femmes et autres acteurs de santé exerçant en France.

  • Code de la santé publique (CSP), articles L4021-1 à L4021-8 : encadre l’obligation de DPC pour tous les professionnels de santé.
  • Arrêté du 8 décembre 2021 : définit la liste des méthodes reconnues (formation continue, évaluation des pratiques professionnelles, gestion des risques).

Tous les trois ans, chaque professionnel doit pouvoir justifier de son engagement dans une démarche de DPC, via des actions enregistrées ou validées par l’Agence nationale du DPC (ANDPC) ou par un organisme agréé (Ordre, CNP, FAF, etc.).

Chiffre clé : Selon l’ANDPC, en 2022, moins de 60% des médecins libéraux avaient validé leur obligation triennale à échéance. (Source : ANDPC, rapport d’activité 2022)

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Quels sont les contrôles mis en place pour vérifier le respect du DPC ?

Le contrôle du respect de l’obligation DPC s’effectue selon plusieurs modalités :

  • Auto-déclaration sur l’espace personnel (Mon DPC ou e-Portfolio ordinal pour les médecins) à chaque période triennale.
  • Audits périodiques réalisés par les Ordres professionnels pour les professions à ordre (CNOM, CDO, CNOI, etc.).
  • Demande de justificatifs lors d’un renouvellement d’inscription, ou à l’occasion d’une démarche administrative (installation, changement de statut, etc.).

Le contrôle n’est donc pas systématique, mais il existe bel et bien et tend à se renforcer. Pour les médecins, l’Ordre procède par tirages aléatoires, croisement avec les bases ANDPC, et mobilisation des Conseils départementaux.

Précision : L’ANDPC ne sanctionne pas directement. Ce sont les Ordres, les ARS et parfois les employeurs (dans le secteur public ou en établissement privé) qui sont chargés des suites disciplinaires ou administratives.

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Non-respect du DPC : quelles sanctions réglementaires prévues par les textes ?

La législation prévoit plusieurs niveaux de sanction, en fonction de la profession, du statut (libéral, salarié, mixte), et du contexte du contrôle :

Pour les professions à ordre (médecins, dentistes, pharmaciens, infirmiers, sage-femmes)

  • Article L.4021-7 du CSP : "Le fait, pour le professionnel, de ne pas satisfaire à l’obligation de DPC fait l’objet d’un signalement à l’instance disciplinaire compétente par l’Ordre ou par l’organisme employeur."
  • Article R.4126-1 du CSP : le conseil départemental peut engager une procédure disciplinaire en cas de manquement, assimilé à un manquement déontologique.

Sanctions possibles :

  1. Avertissement ou blâme : première mesure disciplinaire, inscrite au dossier ordinal.
  2. Interdiction temporaire d’exercer (pouvant aller jusqu’à 3 ans pour les médecins, cf. art. L.4124-6 du CSP).
  3. Radiation de l’Ordre (cassure extrême, rares cas, exceptions, le plus souvent réservée aux fautes graves cumulatives).

Exemple concret : En 2021, en Gironde, 35 médecins ont été convoqués devant le Conseil départemental pour absence de justificatifs DPC ; la majorité ont fourni des preuves a posteriori, mais deux ont écopé d’un avertissement inscrit à leur dossier. (Source : Rapport CNOM 2022)

Pour les professionnels relevant de l’établissement public ou du secteur privé

  • Le non-respect du DPC peut faire l’objet d’une inscription dans le dossier administratif et d’un signalement à la hiérarchie.
  • En cas de contrôle ARS ou Haute Autorité de Santé (HAS), l’établissement peut être invité à mettre en place un plan d’action correctif.
  • Le professionnel peut être sanctionné selon le code du travail (avertissement, blâme, suspension).

Chiffre clé : Selon une enquête FHF (Fédération Hospitalière de France, 2021), près d’1 cadre sur 5 a déjà soulevé un manquement à l'obligation de DPC parmi ses équipes hospitalières.

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Sanctions indirectes et conséquences moins visibles : les risques à moyen terme

Au-delà des sanctions administratives stricto sensu, d’autres conséquences – parfois plus insidieuses – peuvent survenir :

  • Blocage lors du renouvellement de la carte professionnelle (RPPS/Adeli pour certaines professions).
  • Freins à l’obtention d’autorisations d’exercice (selon certains dispositifs, comme la validation d’exercice dans les zones sous-denses, l’accès à certains remplacements ou installations).
  • Défaut de prise en charge financière par l’ANDPC pour les formations futures, si l’ancienneté invalidée est trop importante.
  • Argutie lors d’un litige médico-légal : en cas de plainte d’un patient ou d’expertise, l’absence de DPC peut être considérée comme un défaut d’actualisation des compétences.

À noter : selon la jurisprudence, aucun tribunal – à ce jour – n’a prononcé de condamnation pécuniaire directe pour défaut de DPC, mais la non-mise à jour des connaissances peut concourir à qualifier une faute professionnelle en cas d’événement indésirable grave (source : Conseil d’État, décision du 9 juillet 2020, n°429686).

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Comment se défendre ou régulariser sa situation en cas de manquement ?

Nombreux sont les praticiens confrontés à un oubli ou à une période d’activité partielle (maladie, congé maternité, interruption d’exercice). Les instances ordinales et les ARS peuvent prendre en compte certaines circonstances :

  • Fournir des justificatifs a posteriori (Attestation de participation DPC, diplômes universitaires en lien avec les orientations, actions de formation non labellisées mais éligibles, etc.).
  • Justifier une situation exceptionnelle (arrêt maladie, maternité, mobilité longue durée, hospitalisation, etc.).
  • Mettre en place un engagement écrit de régularisation sur la période suivante (démarche acceptée par de nombreux Conseils départementaux).

À retenir : la bonne foi et la réactivité du professionnel sont systématiquement favorisées dans la réponse disciplinaire. En cas de difficulté, il est recommandé de contacter sans délai son Conseil de l’Ordre ou l’ANDPC pour obtenir des solutions personnalisées.

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Casuistiques : situations pratiques et jurisprudence récente

Prenons quelques cas concrets pour mieux illustrer les risques et les réponses apportées :

Situation Décision de l’instance Conséquences pour le professionnel
Médecin exerçant 10 ans sans suivi DPC Convocation disciplinaire, avertissement + obligation de formation intensifiée Suivi majoré, contrôle renforcé à la prochaine échéance
Pharmacien justifiant une interruption longue (accident) Dossier classé, aucune sanction Rattrapage autorisé sur la période suivante
Kinésithérapeute revendiquant des formations non validées DPC Réexamen du dossier, partielle validation après analyse des contenus Solde à réaliser rapidement sur l’année en cours

Source : témoignages recueillis auprès des Conseils ordinaux départementaux (2021-2023)

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Perspective : vers un renforcement du contrôle et des sanctions ?

Depuis la publication du rapport IGAS de 2022 (Inspection générale des affaires sociales), plusieurs pistes sont à l’étude pour rendre le suivi du DPC plus efficace et homogène :

  • Dématérialisation complète du suivi : généralisation du e-Portfolio professionnel pour toutes les professions.
  • Transmission automatique des justificatifs de DPC par les organismes de formation via l’ANDPC, limitant ainsi la charge administrative pour les praticiens.
  • Majoration des contrôles ciblés lors des renouvellements d’inscription et des audits de pratiques par les Ordres.
  • Pérennisation du rôle des ARS sur la surveillance des établissements et la diffusion du respect du DPC au sein des équipes pluridisciplinaires.

Chiffre clé : Selon la Direction Générale de l’Offre de Soins (DGOS, 2023), près de 250 contrôles ciblés DPC ont été réalisés en 2022 auprès de médecins libéraux, pour un taux d’irrégularité situé entre 6% et 12% selon les régions.

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DPC et image professionnelle : plus qu’une contrainte, un enjeu éthique et de qualité

L’obligation de DPC ne se limite pas à une formalité administrative. Pour la profession, il s’agit aussi d’un marqueur de sérieux et d’actualisation des pratiques auprès de l’ensemble des parties prenantes : patients, pairs, autorités de tutelle.

  • Côté patients : la transparence sur la mise à jour des compétences devient un critère attendu dans la relation de confiance.
  • Côté établissements : le niveau global de DPC peut impacter la politique qualité, le classement HAS ou l’accréditation de la structure (source : HAS, référentiels de certification 2021).
  • Côté employabilité : une carence notoire ou répétée en formation continue nuit à l’attractivité du professionnel sur le marché du travail.
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Pour aller plus loin et s’informer

Vous souhaitez vérifier le respect de votre obligation, connaître les démarches de régularisation, ou anticiper un changement de statut ? Plusieurs ressources officielles peuvent vous accompagner:

La dynamique du DPC est amenée à se renforcer, notamment sous l’impulsion de la France dans le mouvement européen d’accréditation continue. En comprenant bien les sanctions et les leviers d’action, chaque professionnel de santé peut transformer cette exigence réglementaire en véritable démarche de progrès, pour soi-même et pour ses patients.

Pour aller plus loin