L’offre de Développement Professionnel Continu (DPC) évolue rapidement sous l’impulsion de la digitalisation et d’initiatives nationales visant à lever les obstacles rencontrés par les soignants. D’ici 2026, plusieurs transformations majeures sont attendues :
  • La centralisation des démarches administratives et le renforcement de l’identification numérique via des plateformes telles que Mon DPC.
  • La généralisation de l’automatisation et de la traçabilité des dossiers pour réduire la charge administrative des professionnels de santé.
  • Le déploiement progressif de l’intelligence artificielle pour personnaliser l’offre de formation selon les pratiques réelles et les obligations réglementaires.
  • Une adaptation des textes pour accompagner la dématérialisation et faciliter le contrôle qualité.
  • Des perspectives d’intégration de la e-certification et du suivi en temps réel du parcours de formation.
Ces évolutions reposent sur des décisions institutionnelles récentes, des projets pilotes et des besoins formulés par les soignants et les organismes de formation.

Pourquoi la digitalisation est devenue incontournable dans le DPC ?

L’obligation DPC, définie par les articles L.4021-1 et suivants du Code de la Santé Publique, concerne chaque praticien. Le circuit classique a longtemps impliqué de multiples transmissions de documents, des justificatifs à fournir “en papier”, et une navigation peu intuitive entre organismes, structures de formation et agences de contrôle (Agence nationale du DPC, ANDPC).

Dès lors, digitaliser ne signifie pas simplement dématérialiser, mais harmoniser le parcours et tirer parti des leviers technologiques pour simplifier et sécuriser les démarches.

Panorama de l’existant : ce qui a déjà changé entre 2021 et 2024

Depuis la crise Covid-19, l’État et l’ANDPC ont accéléré la modernisation numérique des outils DPC :

Ces premiers jalons, s’ils marquent une avancée indéniable, font émerger de nouveaux besoins : unification réelle des procédures, automatisation des liens entre documents et obligations, traçabilité améliorée des parcours.

2026 : vers une simplification radicale du parcours administratif DPC

À l’horizon 2026, plusieurs tendances structurantes sont déjà identifiées et viennent progressivement transformer votre quotidien de soignant en matière de DPC :

1. Centralisation et automatisation : le futur du DPC sera « guichet unique »

2. Identification numérique et sécurisation accrue

3. Support de l’intelligence artificielle et outils d’aide à la décision

4. E-certification et contrôle qualité dématérialisé

Des bénéfices concrets pour les praticiens : efficacité, sécurité, gain de temps

Le bénéfice le plus immédiat pour vous, professionnels de santé, est la diminution de la charge mentale et des redondances administratives :

Des défis persistants : interopérabilité, accompagnement et fracture numérique

La digitalisation ne résout pas tout. Trois enjeux majeurs se posent encore :

  1. Interopérabilité : l’intégration parfaite des différentes sources (Ordre, ARS, organismes privés) nécessite une normalisation des formats de données et un investissement massif en solutions API.
  2. Accompagnement au changement : pour éviter que l’outil ne devienne un frein (notamment auprès des professionnels peu à l’aise avec le numérique), des dispositifs de tutorat et des guides pratiques sont en déploiement. Des webinaires “Mon DPC demain” sont proposés dès cette année avec un taux de satisfaction de 92 % (source : ANDPC, rapport 2024).
  3. Fracture numérique : d’après une étude menée par le Haut Conseil pour l’avenir de l’Assurance Maladie (HCAAM, 2023), 14 % des praticiens libéraux disent rencontrer des difficultés d’accès ou d’utilisation des outils numériques avancés.Investir dans l’inclusivité et garantir l’assistance restent donc prioritaires.

Quels impacts sur la réglementation et le rôle des institutions ?

La modernisation du DPC s’accompagne d’une évolution du cadre juridique et d’un rôle renforcé de pilotage par les institutions nationales :

Ouverture : l’avenir du DPC digitalisé entre personnalisation et ré-humanisation

La transformation digitale du DPC, loin d’être un simple transfert sur support informatique, vise une personnalisation accrue du parcours, au bénéfice de la qualité des soins et de la maîtrise du temps professionnel. Si la technologie apporte de l’efficacité, elle doit rester au service du praticien : plus de clarté, d’accompagnement, mais aussi de reconnaissance des engagements. Demain, le DPC digitalisé pourrait devenir un véritable outil de valorisation du parcours professionnel, au-delà de l’obligation réglementaire – et un levier de motivation et de lien entre pairs.

La réussite de cette évolution résidera dans la capacité des acteurs institutionnels à conjuguer exigence de performance et soutien humain, pour que les professionnels de santé puissent s’engager sereinement dans une démarche de formation continue, tournée vers l’excellence et la simplicité.