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L’offre de Développement Professionnel Continu (DPC) évolue rapidement sous l’impulsion de la digitalisation et d’initiatives nationales visant à lever les obstacles rencontrés par les soignants. D’ici 2026, plusieurs transformations majeures sont attendues :
  • La centralisation des démarches administratives et le renforcement de l’identification numérique via des plateformes telles que Mon DPC.
  • La généralisation de l’automatisation et de la traçabilité des dossiers pour réduire la charge administrative des professionnels de santé.
  • Le déploiement progressif de l’intelligence artificielle pour personnaliser l’offre de formation selon les pratiques réelles et les obligations réglementaires.
  • Une adaptation des textes pour accompagner la dématérialisation et faciliter le contrôle qualité.
  • Des perspectives d’intégration de la e-certification et du suivi en temps réel du parcours de formation.
Ces évolutions reposent sur des décisions institutionnelles récentes, des projets pilotes et des besoins formulés par les soignants et les organismes de formation.
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Pourquoi la digitalisation est devenue incontournable dans le DPC ?

L’obligation DPC, définie par les articles L.4021-1 et suivants du Code de la Santé Publique, concerne chaque praticien. Le circuit classique a longtemps impliqué de multiples transmissions de documents, des justificatifs à fournir “en papier”, et une navigation peu intuitive entre organismes, structures de formation et agences de contrôle (Agence nationale du DPC, ANDPC).

  • 95 % des soignants jugent les démarches DPC « complexes ou très complexes », selon une enquête réalisée par le CNOM en 2022. Les délais moyens constatés pour l’enregistrement d’une action dépassaient alors 40 jours pour certains statuts libéraux.
  • La multiplication des points d’accès en ligne (portails organismes, ARS, Conseil de l’ordre) entretient ce sentiment de complexité, doublé d’une crainte de non-conformité réglementaire.
  • La formation e-learning, souvent perçue comme une avancée, ne suffit pas à lever les freins administratifs si l’expérience de déclaration reste morcelée.

Dès lors, digitaliser ne signifie pas simplement dématérialiser, mais harmoniser le parcours et tirer parti des leviers technologiques pour simplifier et sécuriser les démarches.

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Panorama de l’existant : ce qui a déjà changé entre 2021 et 2024

Depuis la crise Covid-19, l’État et l’ANDPC ont accéléré la modernisation numérique des outils DPC :

  • Généralisation du portail « Mon DPC » : inscription, recherche de formation, suivi des validations en cours centralisés sur une même interface (agencedpc.fr).
  • Authentification sécurisée via dispositif FranceConnect (depuis 2023), garantissant l’identité numérique du soignant et simplifiant la récupération d’informations (Coordonnées professionnelles, spécialité, RPP, SIRET…).
  • Transmission dématérialisée systématique des attestations et certificats DPC, dans une logique “zéro papier”.
  • Début d’expérimentation de la traçabilité automatique des actions de formation dans le Dossier Professionnel Personnel, à l’image du “carnet de formation numérique”.

Ces premiers jalons, s’ils marquent une avancée indéniable, font émerger de nouveaux besoins : unification réelle des procédures, automatisation des liens entre documents et obligations, traçabilité améliorée des parcours.

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2026 : vers une simplification radicale du parcours administratif DPC

À l’horizon 2026, plusieurs tendances structurantes sont déjà identifiées et viennent progressivement transformer votre quotidien de soignant en matière de DPC :

1. Centralisation et automatisation : le futur du DPC sera « guichet unique »

  • Convergence vers une plateforme unique : la stratégie nationale prévoit que toutes les démarches DPC soient accessibles, suivies et validées sur une même plateforme, mutualisant les bases de données des Ordres, des ARS et des organismes de formation. Le projet “Mon DPC +” porté par l’ANDPC et la DNS est un cas emblématique de ce mouvement (source : DNS, ministère de la santé).
  • Automatisation de la transmission des données : l’inscription, la validation des heures ou des crédits de formation et l’édition des attestations seront gérées sans intervention manuelle de l’usager, à condition d’utiliser la plateforme officielle. Cela réduira le risque d’oubli, d’erreur, et les délais de traitement.
  • Synchronisation directe avec les logiciels métiers : des connecteurs permettront d’importer automatiquement vos actions de formation et d’avertir l’Ordre, limitant la ressaisie.

2. Identification numérique et sécurisation accrue

  • Generalisation de l’identifiant RPPS, combiné à un “Pass professionnel santé” numérique, pour garantir une traçabilité des démarches tout au long de la carrière.
  • Connexion renforcée avec l’Espace Numérique en Santé, intégration au Dossier Professionnel et extension aux paramédicaux d’ici fin 2025 (source : Arrêté du 19 avril 2023 relatif à la simplification des services numériques en santé).

3. Support de l’intelligence artificielle et outils d’aide à la décision

  • Déploiement d’assistants numériques capables de proposer les formations DPC “pertinentes” en fonction du profil professionnel, de l’historique et des obligations réglementaires.
  • Prise en compte de l’analyse sémantique des besoins, via l’exploitation des requêtes, plan de formation automatisé, alertes personnalisées en cas de manquement d’obligation.
  • La CNIL a par ailleurs donné un cadre expérimental sur ces usages, pour garantir l’intégrité et l’anonymat des données (Source : CNIL, recommandations 2023 sur la digitalisation des certifications en santé).

4. E-certification et contrôle qualité dématérialisé

  • Les organismes de formation devront transmettre automatiquement les justificatifs et attestations DPC à la plateforme nationale en temps réel, déclenchant la validation automatique de l’action dès clôture de la formation.
  • Un système de signalement et de contrôle qualité numérique permettra au praticien de signaler un événement ou une insatisfaction concernant la formation suivie, tout en conservant la confidentialité (voir le modèle “e-feedback” expérimenté en 2024).
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Des bénéfices concrets pour les praticiens : efficacité, sécurité, gain de temps

Le bénéfice le plus immédiat pour vous, professionnels de santé, est la diminution de la charge mentale et des redondances administratives :

  • Suppression des relances multiples : notifications automatiques avant la date limite de déclaration ou de mise à jour du dossier DPC.
  • Visualisation en temps réel de l’état du parcours DPC : tableau de bord personnalisé, synthèse des heures, crédits, actions validées, “to do” immédiats.
  • Réduction des délais de remboursement : la reconnaissance automatique des formations permet un traitement quasi immédiat des indemnités prévues par l’ANDPC pour les libéraux.
  • Facilité d’archivage : chaque justificatif est stocké dans un espace sécurisé, accessible lors d’un contrôle ordinal, d’un audit ARS ou d’une démarche pour la CME.
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Des défis persistants : interopérabilité, accompagnement et fracture numérique

La digitalisation ne résout pas tout. Trois enjeux majeurs se posent encore :

  1. Interopérabilité : l’intégration parfaite des différentes sources (Ordre, ARS, organismes privés) nécessite une normalisation des formats de données et un investissement massif en solutions API.
  2. Accompagnement au changement : pour éviter que l’outil ne devienne un frein (notamment auprès des professionnels peu à l’aise avec le numérique), des dispositifs de tutorat et des guides pratiques sont en déploiement. Des webinaires “Mon DPC demain” sont proposés dès cette année avec un taux de satisfaction de 92 % (source : ANDPC, rapport 2024).
  3. Fracture numérique : d’après une étude menée par le Haut Conseil pour l’avenir de l’Assurance Maladie (HCAAM, 2023), 14 % des praticiens libéraux disent rencontrer des difficultés d’accès ou d’utilisation des outils numériques avancés.Investir dans l’inclusivité et garantir l’assistance restent donc prioritaires.
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Quels impacts sur la réglementation et le rôle des institutions ?

La modernisation du DPC s’accompagne d’une évolution du cadre juridique et d’un rôle renforcé de pilotage par les institutions nationales :

  • Alignement progressif avec la doctrine “Ma Santé 2022-2025” visant la simplification et la transparence des obligations professionnelles.
  • Les Ordres professionnels intégreront l’accès direct aux informations DPC validées, réduisant ainsi la fréquence et la lourdeur des contrôles individuels.
  • Adaptation du décret DPC de 2023 (voir Décret n°2023-489 du 21 juin 2023) pour entériner la dématérialisation et préciser les modalités de certification numérique au sein de la procédure de re-certification triennale.
  • Mise en place de la revue qualité des organismes DPC, fondée sur des critères vérifiables en ligne, doublée d’une simplification de l’agrément (réforme attendue fin 2025).
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Ouverture : l’avenir du DPC digitalisé entre personnalisation et ré-humanisation

La transformation digitale du DPC, loin d’être un simple transfert sur support informatique, vise une personnalisation accrue du parcours, au bénéfice de la qualité des soins et de la maîtrise du temps professionnel. Si la technologie apporte de l’efficacité, elle doit rester au service du praticien : plus de clarté, d’accompagnement, mais aussi de reconnaissance des engagements. Demain, le DPC digitalisé pourrait devenir un véritable outil de valorisation du parcours professionnel, au-delà de l’obligation réglementaire – et un levier de motivation et de lien entre pairs.

La réussite de cette évolution résidera dans la capacité des acteurs institutionnels à conjuguer exigence de performance et soutien humain, pour que les professionnels de santé puissent s’engager sereinement dans une démarche de formation continue, tournée vers l’excellence et la simplicité.

  • Pour aller plus loin : Agence nationale du DPC
  • Rapport HCAAM 2023 sur les parcours DPC et la digitalisation
  • Arrêté du 19 avril 2023, Ministère de la santé : “Simplification des démarches numériques en santé”
  • Décret n°2023-489 du 21 juin 2023 relatif à la procédure de certification et à la transmission électronique des attestations DPC
  • CNIL : “Usages de l’IA dans le secteur santé”, rapport 2023

Pour aller plus loin