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Le DPC (Développement Professionnel Continu) en médecine générale évolue pour répondre aux défis actuels du système de santé. Les principales tendances s’articulent autour de trois axes majeurs :
  • Prévention : Un accent mis sur les formations en prévention primaire, secondaire et dépistage, allant de la vaccination au repérage précoce des risques psychosociaux.
  • Prise en charge des maladies chroniques : Les parcours de formation s’adaptent à la prévalence croissante des pathologies comme le diabète, l’HTA ou l’insuffisance cardiaque, avec une attention particulière à la coordination pluriprofessionnelle et à l’éducation thérapeutique.
  • Coordination des soins : L’accent est placé sur les outils et méthodes pour améliorer le travail au sein des CPTS, MSP, et optimiser la coordination ville‐hôpital, à travers des cas concrets et de nouvelles organisations de soins.
Ces orientations sont soutenues par les textes de la HAS, les priorités nationales DPC 2023–2025 et les attentes des professionnels de terrain, avec un fort impact sur l’accès aux soins et la qualité de la prise en charge médicale.
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Les grandes priorités DPC en médecine générale : entre obligations réglementaires et besoins de terrain

En 2024, la formation DPC reste un impératif réglementaire pour l’ensemble des médecins. Elle s’inscrit dans le cadre de la loi Hôpital, Patients, Santé, Territoires (HPST) (loi n°2009-879) et est encadrée par l’Agence nationale du DPC (ANDPC). Depuis 2017, le médecin doit justifier d’une démarche validée de DPC tous les trois ans (source : ANDPC).

  • Environ 90 % des généralistes français déclarent avoir suivi au moins une action DPC entre 2021 et 2023 (DREES : Bilan DPC 2022).
  • Les priorités nationales 2023-2025 listent explicitement la prévention, les pathologies chroniques et la coordination pluriprofessionnelle comme axes centraux (source : ANDPC, priorités nationales).

L’objectif officiel est d'accompagner la profonde transformation de l’offre de soins en France, alors que le vieillissement de la population, l’augmentation des affections de longue durée et les inégalités territoriales accentuent la pression sur la première ligne médicale.

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La prévention : investir tôt, former mieux

Une priorité de santé publique réaffirmée

La prévention, longtemps reléguée au second plan dans l’agenda des médecins de terrain, fait aujourd’hui l’objet d’une attention stratégique. L’impact du COVID-19 sur le retard vaccinal, la hausse des maladies évitables et les ambitions du Plan National de Santé Publique (PNNS, 4e édition) replacent la prévention au centre des formations DPC.

  • En 2023, près de 27 % des formations DPC pour les généralistes visaient la prévention (sources : ANDPC, rapport annuel 2023).
  • Les thématiques les plus sollicitées : vaccination (Covid, grippe, HPV), dépistage des cancers (sein, colorectal), addiction, repérage précoce des troubles mentaux et du suicide (source : HAS).

Les formations tendent à privilégier une approche pratique :

  • Cas de consultation : comment instaurer un entretien motivationnel ?
  • Mise à jour des calendriers vaccinaux et outils de rappel automatisés dans les logiciels métiers.
  • Dépistage du risque cardio-vasculaire : grille SCORE, stratification et communication patient à partir d’exemples réels.
  • Dépistage des violences intrafamiliales et des troubles du développement de l’enfant.

Ce focus est encouragé par les agences régionales de santé (ARS) qui orientent certaines dotations régionales sur le financement de formations DPC à visée préventive ou de santé environnementale (ex : repérage du saturnisme, impact pollution air).

Des outils et leviers pour renforcer la prévention

  • Application de bilans de prévention (parcours prévention de l’Assurance Maladie ou bilan de santé en EHPAD).
  • Utilisation de guides HAS actualisés et de nouvelles recommandations de l’Éducation Nationale pour le suivi des enfants et adolescents.

Point-clé : Les médecins soulignent un besoin grandissant de formations portant sur les compétences relationnelles (communication sensible, gestion du refus vaccinal, lutte contre la désinformation) en complément des données épidémiologiques ou pharmacologiques.

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Maladies chroniques : former pour mieux accompagner, au long cours

L’ampleur du défi

Les Affections de Longue Durée (ALD) concernent aujourd’hui plus de 11 millions de patients en France, selon la CNAM (source : CNAM chiffres clés 2023), et représentent 60 % du budget de l’Assurance Maladie. Diabète, insuffisance cardiaque, BPCO, maladies neurodégénératives : ces pathologies requièrent une prise en charge multidimensionnelle et coordonnée.

  • Sur le triennal 2021-2023, près de 35 % des formations DPC des généralistes portaient sur la gestion et l’actualisation des connaissances en ALD (ANDPC – données 2023).

L’importance de l’éducation thérapeutique et des parcours coordonnés

La formation sur les maladies chroniques ne se limite plus aux nouveautés thérapeutiques. L’accent est porté sur :

  • Éducation thérapeutique du patient (ETP) : construction de supports pédagogiques et animation d’ateliers.
  • Gestion des transitions hôpital/ville : suivi post-hospitalisation de l’insuffisant cardiaque ou du patient dialysé.
  • Pluriprofessionnalité : implication du pharmacien, de l’infirmier, du kinésithérapeute pour une gestion concertée (ex : plan personnalisé de soins).
  • Utilisation des outils numériques de coordination, messageries sécurisées : échange et traçabilité dans le parcours patient.

Exemples d’applications concrètes en formation

  • Diabète de type 2 : usage de la télémédecine pour l’adaptation de traitement, suivi de l’HbA1c à distance via les DMP (Dossiers Médicaux Partagés), et coordination avec l’Education Nationale pour l’accueil des enfants diabétiques.
  • BPCO : intégration des recommandations HAS 2023, optimisation du repérage des malades à risque, ateliers de sevrage tabagique, prise en charge en équipe pluridisciplinaire.
  • Insuffisance cardiaque : simulation de consultations, gestion des comorbidités (IRC, dénutrition), outils d’aide à la décision pour l’orientation vers une consultation spécialisée précoce.

Un point de vigilance soulevé par de nombreux praticiens : la difficulté à transposer 100 % de la théorie à la réalité de la clinique, compte tenu de la charge administrative et des contraintes de temps.

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Coordination des soins : un nouvel impératif de la pratique médicale

Avec la montée en puissance des Communautés Professionnelles Territoriales de Santé (CPTS) et le renouveau des Maisons de Santé Pluriprofessionnelles (MSP), la coordination des soins devient un pilier incontournable de l’activité du médecin généraliste. L’enjeu ? Réduire les ruptures dans le parcours de soin, limiter la perte d’informations, lutter contre l’isolement professionnel et améliorer la pertinence des actes médicaux (source : Ministère de la Santé).

Quels leviers de formation ?

  • Apprentissage de l’usage des outils numériques en santé (messageries sécurisées, logiciels de coordination, plateformes de téléexpertise).
  • Gestion des situations complexes : construction de projets territoriaux de santé, travail en équipe autour du patient âgé ou polypathologique.
  • Animation ou participation à des réunions de coordination pluridisciplinaires et staff interprofessionnel.

Quelques chiffres clés

  • En 2023, près de 18 % des formations DPC généralistes comprenaient un module dédié à la coordination pluriprofessionnelle, chiffre en forte hausse depuis 2019 (ANDPC : statistiques 2019–2023).
  • La HAS consacre une large part de ses recommandations à la question des parcours coordonnés, en particulier pour les patients âgés, handicapés ou en soins palliatifs.
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Les défis et perspectives : comment choisir sa formation DPC en pratique ?

Face à la multiplication des offres et la diversité des formats (e-learning, ateliers présentiels, simulation, analyse de pratiques), les généralistes se trouvent souvent démunis pour sélectionner les formations les plus adaptées à leurs besoins :

  • S’assurer de la valeur ajoutée : privilégier les programmes DPC porteurs de cas cliniques, d’ateliers pratiques, d’échanges entre pairs (retour d’expérience particulièrement plébiscité dans les groupes Balint ou ateliers de simulation).
  • Analyser la concordance avec les axes prioritaires : prévention, maladies chroniques, coordination, mais aussi la prise en charge des situations d’urgence, ou des familles vulnérables.
  • Vérifier la conformité réglementaire : inscription au catalogue ANDPC, validation de l’action par la commission scientifique indépendante (CSI).
  • Se référer aux priorités régionales ou aux besoins de territoire : repérer les carences locales (par exemple accès aux soins pour les publics précaires, prise en charge de la santé mentale, etc.).
  • Prendre en compte la souplesse des formats : pour les médecins en exercice isolé ou en zone rurale, l’accès à des DPC à distance s’est avéré essentiel pendant la crise sanitaire et continue à se développer.

Un enjeu, enfin, réside dans la valorisation de la démarche DPC au sein des équipes et des territoires. Certaines CPTS recommandent des parcours collectifs ou pluriprofessionnels pour dynamiser les échanges et mutualiser les acquis.

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Quel impact pour la pratique et la qualité de soins ?

L’évolution des tendances DPC en médecine générale traduit une mutation profonde du métier : accent mis sur la prévention, ancrage dans le temps long des pathologies chroniques, développement du travail coordonné. Les professionnels témoignant d’une formation régulière dans ces trois axes indiquent une plus grande satisfaction au travail, un sentiment d’efficacité renforcé et une meilleure qualité de la relation avec le patient (source : Assurance Maladie, dossier presse 2023).

Si des freins persistent (temps disponible, financement, inégalités territoriales d’accès à la formation), l’élan vers une formation DPC toujours plus proche des réalités du terrain est désormais incontournable. Le développement de la prévention, la prise en charge collaborative des malades chroniques et la coordination des parcours dessinent le profil du médecin généraliste de demain, centré sur l’anticipation et la coopération.

Pour aller plus loin